jeudi 13 novembre 2008

La Lettre

Ecrite selon un modèle prédéfini, hein... :)

Paris, le 12 novembre 2008,

A ma chère cigarette,

Tu es intervenue dans ma vie au début de mon adolescence. Tu étais là pour me montrer que oui, on pouvait faire des choses interdites et transgressives très facilement ; tu m'as donné une consistance, tu m'as permis de me faire plein d'amis qui te côtoyaient aussi.
Pourtant, et maintenant, je peux te le dire, tu me fais chier : à cause de toi, je sens mauvais, mes cheveux deviennent sales plus rapidement, j'ai le teint qui s'abîme et les dents qui jaunissent. Si je continue avec toi, je ressemblerai à ces nanas de trente ans au teint décrépis et à la voix rauque. Or, moi, je veux être pimpante.

En plus, tu coûte super cher : cinq euros par jour, c'est insupportable ! Tous les jours, il faut que je pense à toi, que je descende t'acheter, que j'affronte le regard du mec du tabac qui doit se dire " si jeune et déjà si toxico..." : Stop !
Tu t'es tellement incrustée dans ma vie que tu me sembles indispensable alors qu'au fond je sais bien que non : je peux passer des bonnes soirées sans toi, je peux avoir des sujets de conversation intéressants sans toi, je peux rester éveillée sans toi. Certes, c'est dur : quand tu n'es pas là, j'ai automatiquement envie de t'allumer : c'est là où tu t'es vraiment permise de me rendre dépendante. Sache que désormais tout ça est terminé : je ne penserai plus à toi continuellement quand je parle de choses importantes avec mes amis, quand je traverse des moments difficiles, dans les périodes d'attente. J'ai créé ton besoin avec le temps, il suffit juste que j'oublie à quel point tu es inutile et encombrante.

Je n'en peux plus d'être ce personnage caricatural qui boit et qui fume cigarette sur cigarette ; je peux plaire et je plairai même plus sans ce nuage de fumée qui m'accompagne perpétuellement : tu n'es pas une amie comme je pensais, tu es juste un truc puant qui m'encombre. Je me suis trompée sur ton compte. Mon père te hait : si au début, j'aimais bien lui prouver ma force de caractère avec toi, maintenant, j'ai plutôt l'air ridicule puisque je paraît plus que jamais dépendante.
Le fumeur est, par nature, égoïste : il pollue son entourage et ne se rend plus compte à quel point c'est insupportable pour ces proches. Tu ne penses pas aux autres,cigarette. Tu ne fais du bien à personne.

Pourtant c'est vrai que tu m'accompagne depuis déjà douze ans : tu en as vu des choses de ma vie : mais comme désormais, j'ai envie d'évoluer, te supprimer est symbolique de ma mue : j'ai changé, cigarette, je n'ai vraiment plus besoin de toi. J'ai compris que tu ne m'aimais pas et que je ne t'aimais plus. J'ai besoin de donner mon amour, de me rendre dépendante auprès de vrais personnes.

Comme le procureur général, je te donne, ma chère cigarette, ma sentence et je te condamne à t'effacer de ma vie : disparaît donc, puisque je n'ai plus besoin de toi.

Marylène

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