lundi 17 novembre 2008


Je buvais un verre hier avec une copine point vue depuis longtemps.
J’apprends qu’elle a arrêté de fumer lorsqu’elle a appris que ses dents se déchaussaient.
En deux jours, c’était plié. Pas d’hypnose, pas de blog, pas de blabla. La volonté ? Pas seulement. La peur.

Il faut arrête les conneries avec ces histoires de volonté ! Il faut vraiment flipper pour sa vie pour arrêter de fumer ?

Ceci est un moment de découragement. Et dans les moments de découragement, quoi de plus jouissif qu’une bonne tige…


La lutte n’est pas terminée…

vendredi 14 novembre 2008

Fumer des clopes ?

Ca y est, le grand jour est arrivé, celui où en quelques soubresauts métaphysiques, je vais me transformer en jeune femme saine aux mains inoccupées : oui, c’est possible !
J’ai fait une poignée d’efforts ces deux dernières semaines : me retenir de fumer le matin, attendre la vaisselle du midi etc…mais force me fut-il de constater que la tâche fut bien plus difficile le soir.

Vendredi, 13 heures : je rentre dans le réconfortant cabinet de Mr l’hypnothérapeute ; Nous faisons un bilan des deux semaines écoulées : je tente de masquer par des formules alambiquées la succession d’échecs que j’ai du conjurer. « Mais vous voulez toujours arrêter de fumer ? » me demande t-il d’un air circonspect. Euh, bien sûr, monsieur, vous en doutez ?

Il m’explique la suite des événements : je jette un rapide coup d’œil vers le lit-chevet qui sert de machine à hypnotiser. Je me prépare mentalement à m’y jeter pour me laisser plonger dans les méandres de mon subconscient. La déception est grande lorsque j’apprends que je vais rester en position assise. Crotte, mais je suis un cas grave, monsieur !

Le processus semble assez simple : Mr l’Hypnothérapeute précise que je vais rester consciente. Il s’agit juste de quelques exercices d’auto-persuasion qu’il agrémente de petites percussions sur certains points du corps pour faire réagir le système nerveux. Bien que sceptique par nature, je me laisse prendre au jeu. Je ferme les yeux, j’obéis, je suis à fond. Tellement à fond que je me retiens de dormir, emportée par la douce sensation de sérénité qu’occurrent ces exercices.
« Par quoi remplacerez-donc ces cigarettes ? »

Aucune idée.
Je réponds, un peu au pif :
« Des bisous ? »
« Répétez cinq fois, très lentement, je veuuuuuuuuuux des bisous »

« Je veuuuuuuuuuux… »
« Non, non, mentalement. »
Ouf. Bizarre quand même.

Un quart d’heure de pression et d’exercices plus tard, je rouvre les yeux. C’est donc terminé. Je me sens hyper sereine. Je n’aurai donc plus jamais besoin de fumer ?. Le monsieur me congédie, moi et mon poumon sortons humer l'air de la ville… suis-je vraiment devenue non-fumeuse ? Suspense ?

jeudi 13 novembre 2008

La Lettre

Ecrite selon un modèle prédéfini, hein... :)

Paris, le 12 novembre 2008,

A ma chère cigarette,

Tu es intervenue dans ma vie au début de mon adolescence. Tu étais là pour me montrer que oui, on pouvait faire des choses interdites et transgressives très facilement ; tu m'as donné une consistance, tu m'as permis de me faire plein d'amis qui te côtoyaient aussi.
Pourtant, et maintenant, je peux te le dire, tu me fais chier : à cause de toi, je sens mauvais, mes cheveux deviennent sales plus rapidement, j'ai le teint qui s'abîme et les dents qui jaunissent. Si je continue avec toi, je ressemblerai à ces nanas de trente ans au teint décrépis et à la voix rauque. Or, moi, je veux être pimpante.

En plus, tu coûte super cher : cinq euros par jour, c'est insupportable ! Tous les jours, il faut que je pense à toi, que je descende t'acheter, que j'affronte le regard du mec du tabac qui doit se dire " si jeune et déjà si toxico..." : Stop !
Tu t'es tellement incrustée dans ma vie que tu me sembles indispensable alors qu'au fond je sais bien que non : je peux passer des bonnes soirées sans toi, je peux avoir des sujets de conversation intéressants sans toi, je peux rester éveillée sans toi. Certes, c'est dur : quand tu n'es pas là, j'ai automatiquement envie de t'allumer : c'est là où tu t'es vraiment permise de me rendre dépendante. Sache que désormais tout ça est terminé : je ne penserai plus à toi continuellement quand je parle de choses importantes avec mes amis, quand je traverse des moments difficiles, dans les périodes d'attente. J'ai créé ton besoin avec le temps, il suffit juste que j'oublie à quel point tu es inutile et encombrante.

Je n'en peux plus d'être ce personnage caricatural qui boit et qui fume cigarette sur cigarette ; je peux plaire et je plairai même plus sans ce nuage de fumée qui m'accompagne perpétuellement : tu n'es pas une amie comme je pensais, tu es juste un truc puant qui m'encombre. Je me suis trompée sur ton compte. Mon père te hait : si au début, j'aimais bien lui prouver ma force de caractère avec toi, maintenant, j'ai plutôt l'air ridicule puisque je paraît plus que jamais dépendante.
Le fumeur est, par nature, égoïste : il pollue son entourage et ne se rend plus compte à quel point c'est insupportable pour ces proches. Tu ne penses pas aux autres,cigarette. Tu ne fais du bien à personne.

Pourtant c'est vrai que tu m'accompagne depuis déjà douze ans : tu en as vu des choses de ma vie : mais comme désormais, j'ai envie d'évoluer, te supprimer est symbolique de ma mue : j'ai changé, cigarette, je n'ai vraiment plus besoin de toi. J'ai compris que tu ne m'aimais pas et que je ne t'aimais plus. J'ai besoin de donner mon amour, de me rendre dépendante auprès de vrais personnes.

Comme le procureur général, je te donne, ma chère cigarette, ma sentence et je te condamne à t'effacer de ma vie : disparaît donc, puisque je n'ai plus besoin de toi.

Marylène

lundi 10 novembre 2008


Quelques jours que je n'ose plus remplir ce blog, ni le consulter... En ce jour de glande qui suit un week-end bien chargé en cuites diverses et variées, la honte m'étreint.

Oui, j'ai fumé, et beaucoup, jusqu'à en oublier ma Grande Décision. Dès que la nuit tombe, que les vibes de la party font tinter leurs douces clochettes, ma résolution s'éteint alors que mes clopes s'allument. Or, demain il va me falloir écrire la lettre thérapeutique.

La bataille n'est pas terminée !

mercredi 5 novembre 2008

D'où l'importance d'avoir des amis

En essayant d'arrêter de fumer, on se rend compte à quel point notre image de fumeur est encastrée dans l'inconscient de nos proches.
Si l'on est félicité au début" ah oui, c'est vraiment bien d'avoir pris une telle décision !", rapidement le doute vient faire son apparition "moi, j'y crois pas...",vient ensuite le début des reproches " attends mais c'est un fake ton blog ou bien ? T'es en train de fumer là !"puis celui de l'incompréhension totale "tu viens t'en griller une ? Allez quoi, juste une".

Arrêter de fumer n'est pas une situation sociale facile, surtout lorsqu'on projette de se faire hypnotiser. Il faut essuyer le scepticisme ambiant " mais c'est des conneries, nan ?", la culpabilisation ordinaire "oh, t'as pas de volonté ou quoi ?". On se voit assailli par de multiples tuyaux pour parvenir à l'état non-fumeur : "moi, j'ai fumé quatre paquets de clopes en une soirée et je n'ai plus jamais fumé" => Mouais, à vérifier.

Mais le Pire, c'est la fierté du fumeur-qui-lui-a-pas-du-tout-envie-d'arrêter; il ADORE la cigarette et regarde le pauvre pèlerin intoxiqué que je suis avec un regard qui semble dire " rabat-joie,rabat-joie".

Help.

Si Sanseverino l'a dit....



C'est que c'est vrai...

lundi 3 novembre 2008

Sa clope à elle


Je suis loin d'être seule à avoir eu cette bonne idée d'exhiber ma nouvelle résolution : une autre morue -entre autres- m'avait précédé.

MaClopeMaBataille
ne parle pas tant de la lutte mais plutôt du mode de vie d'une Grosse Fumeuse. La bloggeuse se fait régulièrement insulter par des non-fumeurs bien énervés. C'est rigolo.

En revanche, sa blog-thérapie ne semble pas vraiment fonctionner... puisqu'elle n'a pas vraiment arrêté ! Je ne dis pas que moi ça marche du tonnerre de Zeus mais bon. Il est seize heures et je n'ai fumé qu'une cigarette. Alors que je n'ai strictement rien à faire et que j'ai épuisé toutes les réserves occupationnelles du chômage.

En revanche, le plus difficile, c'est la tombée de la nuit... Heureusement, ce soir, concert assis dans un endroit où il est strictement interdit de fumer : l'Olympia.
Jusqu'ici, tout va bien...

Interlude musical

Comme je suis en complet désaccord avec une tradition qui voudrait que les sujets de blogs doivent obligatoirement avoir un rapport avec l'intitulé dudit blog, et comme rigoler ça empêche de fumer, l'occasion est toute trouvée pour faire partager ce petit clip du 78, gentille parodie de l'œuvre de Tony Parker.



Un Homme, une Femme : il est Flamand, elle est Wallonne : un Amour impossible à Babylone.

Les 10 Clopes à abattre


Il y a…

- La clope-après-manger : la plus dangereuse, celle qui coule de source, qui n’aime pas se faire attendre. Celle-ci est implacable.
- La clope-attente : celle qui te fait croire que c’est ton ami, que tu n’es pas seul(e) comme un con à attendre ce bus, ce pote, l’ouverture de la banque, un rendez-vous chez le doc.
- La Clope-pause : Celle qui te permet de faire une pause dans la longue journée de travail. Prise seule, elle a une vocation régénératrice : tu prends un peu de power avant de ré-affronter la dure réalité de ton bureau. Prise collectivement, elle a une vocation socio-professionnelle : c’est le moment de faire le plein de potins sur l’Entreprise et de connaître les vrais coulisses du pouvoir.
- La Clope-« quand tu regardes la télé » : tu ne fais rien, tu as honte, et en plus tu regardes une énorme connerie à la télé ou une énième rediffusion de Friends : ta vie n’a donc aucun sens ? Paf, une clope et tu fais quelque chose : « tu regardes la télé en fumant une clope » : cool, man.
- La Clope-discute : Gérard passe à la maison ? C’est le moment de lui payer un café, et de fumer plein de clopes en parlant de la crise, de Barack, des impôts et de plein de trucs bien plus futiles. Avec ce nuage de fumée au-dessus de nos têtes, on se sent en sécurité, au chaud. Et on a l’impression de dire des trucs forts et importants.
- La Clope-confession : Celle qui m’a eu samedi soir. Pire que la clope-discute. On parle, on parle et là, la conversation part dans un tour genre « confidentiel et personnel ». L’émotion, la découverte de l’autre : et hop, les clopes s’enchaînent pour maintenir l’énergie et le flux de la confession. Imparable.
- La Clope-vénér : Elle va être dure, celle-là. Quand tu es énervé, rien ne vaut une bonne clope pour pleurer/pester/faire la gueule. La Clope-véner peut faire comprendre à qui a le malheur de te croiser que c’est pas le moment : sourcil froncé, clope au bec, visage fermé : Passe ton chemin.
- La Clope-récompense : Un entretien d’embauche ? Un rendez-vous important ? La Clope-récompense est aussi celle que l’on s’accorde après avoir fait un truc bien emmerdant : les courses, une épilation, le ménage… Une clope bien incrustée dans le cerveau.
- La Clope en buvant des coups : Celle-ci est complètement fatale aussi. L’association Boire/Fumer est juste le tandem indispensable de toutes les soirées. Une association qui peut te boucher les artères à trente ans. Cette clope va demander beaucoup d’efforts pour être éliminée. Peut-on boire sans fumer ? Un mystère que je vais élucider.
- La Clope-de-trop : Tu es fatigué, tu sors de soirée, tu as mal à la tête, au cœur et aux poumons, tu as envie de dormir et tu pues la clope. Pourtant, tu vas t’en faire une dernière. Aucune raison. Cette clope, souvent, impressionne ton entourage qui ne comprend pas le pourquoi. Cette clope signe ta toxicomanie.

dimanche 2 novembre 2008

L'Echec du Samedi Soir....

Appréhension du samedi soir : un concert puis une soirée. Un challenge à relever.

De nombreuses épreuves ont pavé ma soirée : Le concert, c'était du bon punk. Autant dire que les pauses étaient nécessaires...Une cigarette fumée, puis une deuxième... Allez, faute avouée, à moitié pardonnée ? Je me dis que c'est juste mon premier jour de sevrage finalement puis me rends compte qu'au final, je fume comme d'habitude, sauf que j'en parle beaucoup plus. Hum.

Seconde partie de soirée, donc : une fête, avec des gens dedans. Ça va être chaud. Au début, je parviens difficilement à résister puis je me plonge dans une conversation avec un jeune homme... De fil en aiguille, il en vient à parler de son père alcoolique et bipolaire... Damned. Je ne peux lutter : la machine à fumer que j'essaie de mettre de côté a ressurgit d'un coup. Quelle idée de me faire des confidences mon premier jour de sevrage !

Un échec cuisant ce samedi soir : j'ai fumé un paquet de clopes, soit... pire que d'habitude !

samedi 1 novembre 2008

Mr l'Hypnothérapeute



La rencontre avec un hypnothérapeute marque une vie de fumeur.

Une voix compatissante, un bureau accueillant,un discours qui semble personnalisé...enfin, je peux parler de Ma Clope avec quelqu'un qui me comprend, et qui surtout m'écoute. Comme il est bon de se présenter sous l'angle de ce que je suis vraiment, une Fumeuse.
Comment s'est déroulée la rencontre ? Qu'est ce que j'aime en elle ? A qui je dédicacerai mon arrêt ? On est ici dans l'introspection.

Monsieur l'Hypnothérapeute me fait parler, beaucoup. Je réalise que j'ai beaucoup de choses à dire sur ma relation avec Ma Clope. Elle me complète, elle est comme le supplément de mon bras, celle qui me donne de la consistance en soirée, au bureau, lorsque je suis toute seule chez moi.
Que me manquerait-il si elle s'en va ? Selon Mr l'hypnothérapeute, pas grand chose. Je serais toujours la même, je n'aurai qu'à occuper mes mains. Comme cela fait plus de dix ans que je fume, mon cerveau a imprimé l'info : Ma main droite = ma main droite fumant Ma Clope.

Après quelques considérations un peu psychologiques (mon papa qui voulait pas que je fume = je dis "crotte" à mon papa en fumant), nous en arrivons au principal. Comment en finir avec Ma Clope ? Le programme proposé par Mr l'Hypnothérapeute est alléchant:

J'ai deux semaines pour :
- Réfléchir à chaque cigarette que je fume.
- Attendre un quart d'heure après l'envie de Ma Clope.
- Noter ce que je ressens lorsque le manque arrive.
- Noter ce que je ressens lorsque j'arrive à me retenir.

Et après toutes ces épreuves...

- Ecrire une lettre d'Adieu à Ma Clope. Lui dire tout ce que j'aimais en elle et tout ce que je n'aime plus.

Après avoir envoyé cette lettre à l'hypnothérapeute et que celui-ci l'ait bien étudié, je dois prendre rendez-vous avec lui pour le Plan d'attaque final qui consiste à tester deux méthodes de choc pour conclure cette relation avec Ma Clope: acunpucture ( une aiguille dans le nez) et enfin, hypnose ( y s'appelle pas hypnothérapeute pour rien le bougre).

J'ai donc deux semaines avec ce Grand jour.
Deux semaines à tenir.
Deux semaines pour dire Au Revoir.

Genèse d'une Décision

Cette merveilleuse histoire a commencé lorsqu'une amie, journaliste-santé, me propose d'aller voir un hypnothérapeute pour arrêter de fumer. Je serais un cobaye, qu'elle disait.

Toujours avide de choses qui ne coûtent pas un rond et inoccupée ces derniers temps, je me dis qu'il est complètement le moment de relever ce genre de challenge.

A la question : "En ai-je vraiment envie ?". La question est évidente : non, pas vraiment.
J'adore fumer.
Fumer, c'est trop cool.
Fumer, c'est comme manger des poumons. Et tu ne grossis pas.
Fumer signe chaque moment de ta vie.
En colo, quand tu fumais, tu avais plein d'amis.
C'est transgressif de fumer, même à nos âges. C'est interdit quasiment partout : Wouah, trop excitant.
Dans les films français, tous les gens beaux fument.
Au bureau, quand tu fumes, tu es au courant de tous les potins.
Et puis franchement, en soirée, sans cigarettes, socialement, tu es quasiment inexistant. Alors que quand tu surgis, accompagné de ton fidèle nuage de fumée : tu as la Classe. On te voit, on te sent, tu es LA.

Mais en même temps, cela fait plus de dix années que je fume... C'est énorme. Je ne veux pas avoir, à trente ans, les dents jaunes, le teint pourri et la voix rauque. Je veux avoir la tronche toute fraîche comme la dame à côté. Je veux pouvoir supporter vingt heures d'avion sans me précipiter dans le ghetto à fumeurs de l'aéroport. je veux pouvoir taper une rando dans la nature sans avoir à sortir ma clope au grand désarroi de mes potes.

Comme fumer est un acte tellement quotidien que je ne réfléchis plus dessus depuis longtemps, on ( = l'hypnothérapeute, donc) m'a conseillé d'écrire dessus. D'écrire pour lui dire au revoir. Ce Blog est en quelque sorte une Lettre d'Adieu.